Célébrer le 8 mars : De la conquête des droits à la réappropriation du corps

Célébrer le 8 mars : De la conquête des droits à la réappropriation du corps

Le 8 mars n'est pas une "fête de la femme" au sens commercial du terme. C’est la Journée internationale des droits des femmes; un moment de pause nécessaire pour reconnaître le chemin parcouru.

Chez Floravi, nous croyons que la liberté commence par la connaissance de soi. En cette journée mondiale, plongeons dans l'évolution de nos droits, là où l'histoire politique rencontre l'intimité.

Un siècle de lutte

L'histoire des droits des femmes est une succession de vagues courageuses. Sur le plan social, l’obtention du droit de vote pour les femmes a eu lieu en 1918 au fédéral, mais seulement en 1940 au Québec, les décennies suivantes ont déplacé la lutte vers la sphère privée.

Au Canada, nous bénéficions d'un cadre juridique parmi les plus progressistes au monde. Cependant, la réalité est nuancée. Bien que décriminalisé depuis l’arrêt Morgentaler en 1988, l’accès réel à l’avortement reste inégal selon les provinces et les régions rurales.

À l’international, le tableau est contrasté. Alors que certains pays progressent, d'autres voient des reculs majeurs (comme l'annulation de Roe v. Wade aux États-Unis en 2022), rappelant que les droits des femmes ne sont pas à tenir pour acquis.

La science a-t-elle un sexe ?

On pourrait croire la médecine objective, mais l'histoire prouve qu'elle a longtemps été centrée sur l'homme. Cette vision a des conséquences concrètes sur notre santé.

Jusqu'à très récemment, la majorité des études cliniques pour de nouveaux médicaments étaient effectués uniquement sur des sujets masculins (humains ou animaux). L’efficacité et la sécurité de ceux-ci étaient ensuite extrapolées pour des corps féminins, ignorant que notre métabolisme réagit différemment.

De plus, historiquement, le temps alloué à l'étude de l'anatomie masculine dans les manuels de médecine surpassait largement celui de l'anatomie féminine. Le corps masculin a longtemps été considéré comme le "standard", et le corps féminin comme une version "modifiée" ou complexe. Certaines études analysant des manuels anatomiques démontrent qu’environ 64% des images dans des chapitres non-liés à la reproduction utilisent des corps masculins.


Le plaisir : Un acte politique

Parler du 8 mars, c’est aussi parler du droit au plaisir. Dans notre société, une forme de "priorisation du plaisir masculin" a longtemps dicté les normes sexuelles (le fameux script de l’éjaculation par pénétration comme finalité absolue). L’agentivité, c’est la capacité d’agir, de choisir et d’influencer sa propre vie. Pour une femme, cela passe inévitablement par la réappropriation de son corps et de sa sexualité – peu importe la forme qu’elle prend.

L'omission la plus flagrante de la science concerne le plaisir féminin. Bien que le clitoris soit connu depuis l'Antiquité, il a été effacé ou minimisé dans les manuels d'anatomie au XXe siècle. 1998 est la date (incroyablement récente !) de la première représentation anatomique complète du clitoris par l'urologue Helen O'Connell. Avant cela, on ignorait souvent que la partie visible n'est que la "pointe de l'iceberg" et que l'organe mesure en réalité près de 10 centimètres.

Ignorer l'anatomie du plaisir, c'est limiter la liberté sexuelle des femmes. En éduquant sur le fonctionnement réel du corps, on passe de la passivité à l'agentivité.

Pourquoi nous continuons de marcher

Aujourd'hui, la lutte se poursuit pour l'équité salariale, contre les violences à caractère sexuel, mais aussi pour une littératie corporelle complète. Être libre, c’est :

  • Connaître son cycle sans tabou.
  • Exiger des soins de santé qui tiennent compte des spécificités biologiques féminines.
  • Revendiquer son droit au plaisir sans honte ni compromis.

L'éducation comme moteur de liberté

Le 8 mars est une invitation à reprendre le pouvoir. Chez Floravi, notre mission s'inscrit dans cette lignée : offrir des outils et des connaissances pour que chaque femme puisse habiter son corps avec fierté et autonomie.

Parce qu'une femme qui connaît son corps est une femme qui peut mieux le défendre, le soigner et, surtout, le célébrer.

Bonne Journée internationale des droits des femmes à toutes!


SOURCES

https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0277953617301879#:~:text=Further%20content%20analysis%20was%20performed,Moore%20and%20Clarke%2C%201995).

https://www.medidata.com/en/life-science-resources/medidata-blog/women-in-clinical-trials-history/#:~:text=Despite%20making%20up%20almost%20half,study%20further%20highlighted%20this%20issue.

https://www.jogc.com/article/S1701-2163(19)30875-8/fulltext

https://www.electionsquebec.qc.ca/comprendre/comprendre-le-vote/histoire-du-droit-de-vote-au-quebec/

https://thecanadianencyclopedia.ca/fr/chronologie/womens-suffrage