Depuis le mouvement #MeToo au Québec en 2017, on entend de plus en plus parler de consentement. Pourtant, c’est en 1983 qu’a eu lieu la réforme du Code criminel canadien qui en marque une première reconnaissance. Plus de 40 ans plus tard, ce n’est toujours pas une notion acquise pour tous. Parlons-en!
Concrètement, ça veut dire quoi… dans la vraie vie? Est-ce que c’est juste dire "oui" ou "non"?
Le consentement est au cœur de toutes nos interactions intimes — et il est souvent plus nuance qu’on le pense.
Le consentement, c’est quoi au juste?
Le consentement, c’est le fait de donner son accord, ou non, à quelque chose de précis. Il doit s’agir d’un accord clair, libre et éclairé à participer à une activité ou a un acte précis. En sexualité, ça signifie que chaque personne impliqué.e est d’accord, sans pression, sans peur et en ayant toute l’information nécessaire.
Il existe un acronyme qui permet de bien le nuancer : le RÉEL :
- Réversible : On peut changer d’idée a tout moment. D’ailleurs, à quel moment une interaction intime doit-elle se terminer? On se concentre souvent sur l’orgasme ou l’éjaculation pour marquer la fin d’un rapport sexuel, alors que dans les faits, plusieurs raisons peuvent mener à arrêter les contacts. Dans tous les scénarios, quelqu’un devra finir par dire « stop » : « Stop, je suis fatigué.e. » « Stop, j’ai eu beaucoup de plaisir et c’est suffisant. » « Stop, tout court. » Il n’y a pas de bonnes ou de moins bonnes raisons d’arrêter.
- Éclairé : On comprend ce à quoi on consent et on est en état de consentir. Et oui! Saviez- vous que, selon la loi, une personne est capable de consentir seulement lorsqu’elle est consciente (donc réveillé.e!) et qu’elle comprend l’activité sexuelle proposé.e? Et l’intoxication dans tout ça? Au niveau légal, c’est évalue au cas par cas. Ce que cela signifie, c’est que dès que vous doutez de l’aptitude de l’autre à donner un consentement valide, il faut s’abstenir!
- Enthousiaste : C’est un oui qui veut dire OUI! Un silence, une hésitation ou un « je ne sais pas… » ne sont pas des consentements. D’ailleurs, n’est-ce pas plus agréable lorsque l’on sait que l’autre en a vraiment envie?
- Libre : Sans pression, manipulation, chantage ou contrainte. Saviez-vous qu’un « oui » qui arrive après insistance n’est pas, légalement, un vrai « oui »?
Avec sexualité rime responsabilité!
Il est de la responsabilité de tous de s’assurer que notre partenaire sexuel en a réellement envie. Comment?
- Poser des questions simples : « Ça va? », « Tu aimes? », « On continue? »;
- Observer les réactions de l’autre. Si l’autre sourit, gémit ou crée un mouvement incitatif, ça peut être des signaux positifs*. Si, au contraire, l’autre fronce les sourcils, essaie de vous repousser ou pleure… c’est un signe d’arrêter immédiatement;
- Laisser de l’espace pour que l’autre puisse s’exprimer. Nommer que son plaisir et son consentement sont importants pour vous. Laissez-lui le temps de répondre a vos questions;
- Aussi, on peut trouver des façons à nous, comme des codes, pour s’exprimer (par exemple : vert, jaune et rouge, ou encore « si je tape sur ton épaule, c’est signe de prendre une pause »).
Et si on changeait notre vision du consentement?
Rappelez-vous que personne n’est parfait et qu’on peut avoir déjà vécu des situations floues, avoir dit oui alors qu’on n’en avait pas envie, ou ne pas avoir su comment réagir lors d’un refus. L’important, c’est de réfléchir et de regarder en avant, en se demandant comment on peut mettre le consentement au cœur de nos prochains échanges intimes, pour le bien-être de tous!
Vous savez, malheureusement, on associe souvent le consentement à une obligation ou a une contrainte. Pourtant, bien compris, il peut devenir :
- un outil de communication sexy;
- une façon d’augmenter la confiance, la complicité et le plaisir;
- une façon de vous assurer de votre sécurite et de celle de votre partenaire en tout temps;
- un moyen d’avoir des expériences davantage positives, satisfaisantes et respectueuses.
N’oubliez pas que la meilleure façon de savoir si l’autre en a envie… c’est de lui demander.
